
UG répondrait sans ménagement, en démontant l’hypothèse elle-même :
Vous partez d’une idée non examinée : que l’être humain aurait besoin de transcendance pour être psychiquement sain.
C’est exactement l’inverse.
La « transcendance » est une invention née de la peur,
de l’insécurité biologique et du refus de faire face à ce qui est.
Vous appelez cela sacré, spirituel, vertical.
Moi j’appelle cela une béquille psychologique.
Une population sans transcendance n’est pas vulnérable.
Elle est simplement privée de son opium traditionnel.
Ce qui rend l’homme psychiquement fragile,
ce n’est pas l’absence de Dieu,
c’est le besoin d’un Dieu.
Vous parlez de désacralisation comme d’une chute.
Mais la sacralisation n’a jamais protégé qui que ce soit.
Les sociétés les plus « transcendantes » ont produit :
– des guerres saintes
– des sacrifices humains
– des persécutions
– des culpabilités massives
– des névroses religieuses à grande échelle
Si c’est cela la santé psychique, je n’en veux pas.
La spiritualité n’a jamais libéré l’homme.
Elle l’a domestiqué.
Elle lui a appris à :
– mépriser son corps
– craindre ses instincts
– attendre un salut futur
– se juger indigne ici et maintenant
Et vous osez parler de vulnérabilité psychique ?
Ce que vous appelez « déspiritualisation de l’Occident »
n’est rien d’autre que l’effondrement d’un mensonge ancien.
Ce n’est pas encore la liberté.
C’est seulement la fin d’une illusion.
L’homme n’a pas besoin de transcendance.
Il n’a pas besoin de sens.
Il n’a pas besoin de sacré.
Il a besoin que cesse la pensée qui cherche à se rassurer.
Quand cette quête s’arrête —
non pas par choix,
mais par épuisement —
il reste quelque chose de très ordinaire :
un organisme vivant, sensible, intelligent,
fonctionnant sans mythe.
Et cela,
aucune religion ne l’a jamais toléré.
La vraie vulnérabilité commence
quand l’homme refuse de vivre sans filet métaphysique.
La vraie maturité commence
quand il découvre qu’il n’y a rien à quoi se raccrocher.
Et que malgré cela —
ou plutôt à cause de cela —
la vie continue parfaitement.
Sans transcendance.
Sans sacré.
Sans spiritualité.
Et surtout,
sans peur.

