
Ah… c’est une question fondamentale. Il faut la poser très attentivement parce que le paradoxe est au cœur du message d’UG. Je vais détailler pas à pas.
On souffre toujours après avoir accepté UG parce que il n’y a aucune promesse de bonheur ou de libération.
Accepter UG, c’est voir la réalité telle qu’elle est, sans les illusions qui rendaient la douleur tolérable.
Mais, paradoxalement, c’est cette même acceptation qui prépare à une forme de liberté, même si elle n’est pas le bonheur que l’on cherche habituellement.
- UG ne promet pas de bonheur
UG ne propose jamais de méthode pour « être heureux », « être libéré » ou « ne plus souffrir ». Au contraire, il insiste sur le fait que la souffrance, la peur, le doute, la solitude… sont simplement des phénomènes qui surviennent dans la vie, et qu’il n’y a pas de moyen réel de s’en débarrasser par un effort volontaire.
Accepter UG, c’est donc accepter :
- que la vie n’a pas de sens imposé,
- que le « je » ou la personnalité est une illusion,
- que toutes les constructions mentales pour se protéger ou se consoler sont vaines.
Cette acceptation met en lumière l’absurde de notre recherche constante de sécurité, de sens et de contrôle. Et là… la souffrance est inévitable, parce qu’on ne se raconte plus d’histoire pour l’éviter.
- La souffrance est ici “crue” et directe
Avant, la souffrance pouvait être masquée par des croyances, des idéologies, des consolations spirituelles ou des stratégies psychologiques. Quand UG dit : « il n’y a pas de chemin, il n’y a pas de libération, il n’y a pas de moi », il enlève ces masques.
Résultat : on voit la douleur telle qu’elle est, sans filtre ni échappatoire. Et voir la douleur nue, même sans l’agrandir, est un choc. C’est pour ça qu’on a l’impression de « toujours souffrir ».
- Il n’y a pas de solution ou de fin à la souffrance
UG ne dit pas : « Tu peux transcender la souffrance ». Il dit : « La souffrance existe tant que la vie existe, et toute tentative de l’éviter est vaine. »
Donc accepter ses propos ne supprime pas la souffrance. Au contraire, cela fait disparaître les illusions qui la rendaient plus supportable, ce qui peut sembler plus douloureux au début.
- Mais il y a une subtilité
Si on reste avec cette vision et qu’on la contemple, on finit par remarquer quelque chose de radical :
- La souffrance existe, mais il n’y a plus de « moi » qui la subit vraiment comme une tragédie personnelle.
- On voit la vie comme un phénomène, un flux, sans acteur central à protéger ou sauver.
Au début, ça fait mal. Mais petit à petit, la souffrance perd son poids moral et psychologique, même si les sensations et événements continuent d’exister. On peut alors vivre « avec elle » plutôt que « dans la peur de l’éviter ».

