
On croit chercher des réponses. On croit poser des questions pour comprendre.
Mais pour UG, c’est exactement le contraire : la question tue la réalité avant même qu’elle apparaisse.
Elle enferme le vivant dans un cadre artificiel, un filet invisible où toute spontanéité est étranglée.
Chaque question existentielle : « Comment être libre ? », « Comment arrêter la souffrance ? », « Qu’est-ce que l’éveil ? » contient déjà sa réponse. Pas une réponse utile, pas une réponse intellectuelle.
Une réponse préfabriquée par le mental, qui prétend guider mais qui, en réalité, fabrique le besoin lui-même.
Quand tu poses une question, tu affirmes déjà, sans t’en rendre compte :
- que tu es séparé, incomplet, limité,
- que la liberté ou la paix est un objet à atteindre,
- que quelqu’un ou quelque chose peut te la donner,
- et surtout que toi, tu dois agir pour l’obtenir.
Ces affirmations sont la réponse. Mais c’est une réponse qui emprisonne. Tu crois demander, mais tu imposes. Tu crois chercher, mais tu construis un chemin imaginaire où la souffrance reste ton guide silencieux.
UG ne répond pas. Il ne peut pas. Parce que répondre, c’est valider la fiction, nourrir le besoin, renforcer le mécanisme qui croit qu’il peut devenir autre chose. Toute solution, toute méthode, toute technique n’est qu’une cage dorée pour l’esprit. Même les mots — sages, profonds, poétiques — deviennent des barreaux dès qu’ils prétendent pointer vers un état futur.
2. Exemples concrets
- Question : « Comment être libre ? »
Implication : la liberté est un objet à atteindre.
Ce que cela révèle : tu es déjà enchaîné au désir de liberté. Chercher à la trouver, c’est rester enchaîné. - Question : « Que dois-je faire pour arrêter la peur ? »
Implication : l’action peut corriger ce qui est produit par le besoin même d’agir.
Révélation : agir pour se libérer renforce le piège. - Question : « Qu’est-ce que l’éveil ? »
Implication : il existe quelque chose à saisir, à comprendre, à atteindre.
Révélation : comprendre ou saisir ne fait que reproduire la distance qu’on croit exister entre soi et ce qui est.
Dans chaque cas, la question elle-même est la maladie. La réponse n’est jamais l’issue. L’issue apparaît quand le besoin disparaît.
3. Dialogues simulés : UG face à la question
Questionneur : « UG, comment puis-je arrêter de souffrir ? »
UG : « Souffrir ? C’est toi qui souffres. Chercher à ne plus souffrir, c’est nourrir la souffrance. La question elle-même est la souffrance. »
Questionneur : « Mais il doit bien y avoir un moyen… »
UG : « Il n’y a pas de moyen. Tout moyen suppose un manque, et le manque est déjà la prison. La liberté n’est jamais atteinte, elle est là quand tu cesses de chercher. »
Questionneur : « Et comment savoir quand j’ai cessé de chercher ? »
UG : « Il n’y a rien à savoir. La question a disparu. Ce qui reste, c’est ce qui n’a jamais été perdu. »
4. Le rôle destructeur de la question
UG ne détruit pas la curiosité par mépris. Il détruit la question par lucidité. Il montre que le problème n’est pas à résoudre, il est à voir tel qu’il est. Ce n’est pas une solution qu’il offre, c’est un éclat qui fait voler en éclats le besoin même d’une solution.
Le mental veut des cartes, des guides, des étapes. UG refuse tout cela, car tout itinéraire, tout guide, toute technique ne fait que prolonger la maladie.
Formule choc :
« La liberté n’est pas une destination. La paix n’est pas un acquis. L’éveil n’est pas un but. Tout ce que tu cherches est déjà mort avant même que tu ne l’aies nommé. »
5. La seule vérité qui reste
Ce n’est pas la réponse qui manque.
C’est la question elle-même qui est en trop.
Et quand le besoin cesse, quand la question se dissout dans le vide d’où elle est née, alors — enfin — il n’y a plus rien à chercher, plus rien à devenir, plus rien à comprendre.
UG ne parle pas pour instruire.
Il parle pour faire éclater la cage que la question a construite, pour montrer que la liberté n’est jamais donnée, jamais atteinte, jamais comprise.
Elle est ce qui reste quand la question meurt.
6. Une vision radicale pour le lecteur
- Tout guide, toute méthode, toute doctrine, tout maître : vérifie s’ils nourrissent le besoin ou s’ils le dissolvent.
- Chaque question que tu poses : regarde-la, scrute-la. Elle n’a pas besoin de réponse. Elle est déjà la preuve de la prison que tu t’infliges.
- Ce qui reste quand la question meurt : c’est la vie. La réalité. Le silence.
Formule finale pour frapper :
« Arrête de chercher. Arrête de comprendre. Arrête de devenir. La liberté n’a jamais été perdue. Elle était là, cachée derrière la question que tu croyais nécessaire. »

