Le Mensonge des Promesses

Les religions ne sont pas incohérentes par accident.
Elles sont cohérentes avec la peur qui les a engendrées.

Elles partent toutes du même postulat silencieux : quelque chose ne va pas chez l’homme. Il serait incomplet, fautif, séparé, déchu. À partir de là, tout devient logique. La faute justifie la loi. La loi justifie le jugement. Le jugement justifie la punition. La punition justifie la promesse de salut.

Un Dieu dit parfait exige d’être reconnu, aimé, servi. Un être complet n’exige rien. L’exigence est humaine. L’adoration est une projection. Ce Dieu-là fonctionne comme un ego absolu, amplifié à l’échelle cosmique.

On affirme que Dieu sait tout, voit tout, prévoit tout. Puis on juge l’homme pour ce qui était connu d’avance. Un jugement sans découverte, une sanction sans surprise. La justice devient un rituel, pas une nécessité.

On parle de libre arbitre, mais la règle est donnée, la récompense promise, la menace affichée. Choisir sous la peur n’est pas choisir. C’est se soumettre. La morale devient une stratégie de survie, non une expression libre.

L’homme est créé imparfait, pulsionnel, limité. Puis on lui reproche exactement ce qui lui a été donné comme nature. La faute est programmée, puis condamnée. La culpabilité devient structurelle.

Chaque religion proclame une vérité unique, révélée, définitive. Toutes se contredisent. Toutes exigent l’exclusivité. Une vérité qui dépend d’un lieu, d’une époque, d’un prophète ou d’un livre n’est pas universelle. Elle est culturelle.

On proclame l’amour divin, mais les récits fondateurs sont traversés par la violence, la guerre, l’extermination, la punition collective. Ce n’est pas une dérive tardive. C’est inscrit dès l’origine.

Le corps est suspect, source de chute, de désir, de péché. Pourtant il est le seul lieu de l’existence. L’homme est coupé en deux : il doit vivre ici tout en se méfiant de la vie.

Le salut est présenté comme individuel, intérieur, spirituel. Mais l’effet réel est social : réguler, normer, discipliner. La promesse est métaphysique. Le contrôle est concret.

Dieu est dit proche, personnel, aimant. Mais il ne parle jamais directement. Tout passe par des interprètes, des institutions, des dogmes. Le silence divin est rempli par des voix humaines autorisées.

La justice est toujours plus tard. Le paradis est après la mort. La paix est promise. Jamais vécue ici. Une promesse toujours différée ne peut jamais être vérifiée. Elle ne libère pas. Elle retient.

L’enfer n’est pas un lieu futur. Il est déjà là, dans l’idée qu’il faudrait être autre que ce que l’on est. Dans l’effort constant de se corriger, de se purifier, de mériter. Tant qu’il y a salut, il y a condamnation. Tant qu’il y a espoir, il y a peur.

Ce site n’a pas vocation à réformer les religions, ni à en proposer une autre. Il ne remplace rien. Il ne promet rien. Il ne sauve rien.

Il pointe simplement le mécanisme.

Quand le besoin de croire, d’espérer, de se rassurer et de se conformer tombe, la structure entière s’effondre d’elle-même. Sans combat. Sans remplacement.

Il ne reste alors rien à défendre, rien à craindre, rien à atteindre.

Et cette absence de promesse n’est pas un manque.
C’est la fin du mensonge.

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