Résilience et psychiatrie : le grand mensonge

La résilience. On vous vend ce mot comme une force, comme une vertu, comme un espoir. Boris Cyrulnik vous dit : “Vous avez été blessé ? Transformez la douleur en force.” C’est un mensonge.

Un mensonge poli, socialement acceptable, scientifique en apparence. La résilience n’est pas une force, c’est une cage dorée.

La psychiatrie marche main dans la main avec ce mensonge.

Les diagnostics, les thérapies, les psychotropes, les bilans : tout est conçu pour maintenir le “moi” intact, pour consolider l’idée qu’il existe un individu blessé qui doit se réparer, qui doit devenir plus fort, plus équilibré, plus sain.

Ils ne sauvent rien. Ils prolongent la captivité. Vous croyez guérir, vous croyez avancer, vous croyez être libre, mais vous êtes seulement plus habile à croire.

Le trauma, lui, n’existe pas là où vous croyez. Il est un événement brut, mais il devient “trauma” quand la pensée s’en empare, quand elle tisse autour de lui une histoire, une identité, une souffrance. Pourtant, le corps garde la trace. Le corps se souvient. Il est la mémoire brute du choc. Et il sait comment s’en libérer. Regardez les animaux : un cerf fuyant un prédateur, un lapin qui échappe au danger, un chien qui frôle la mort. Après la peur, ils tremblent, secouent leur corps, relâchent la tension, et reprennent leur vie comme si de rien n’était. Aucun psy, aucune résilience, aucune méthode humaine n’est nécessaire pour cela. L’énergie accumulée par l’événement traumatique se dissipe naturellement si elle est autorisée à circuler. Ce que nous faisons, humains, c’est retenir, analyser, interpréter, ruminer. Nous transformons le souvenir en identité, la mémoire en chaîne.

Vouloir guérir, vouloir devenir quelqu’un de meilleur, vouloir se reconstruire : voilà le cœur de l’illusion. La psychologie moderne, la psychiatrie, la résilience ne font que consolider ce mouvement. Elles vous apprennent à survivre, à gérer votre douleur, à devenir plus fort, mais survivre n’est pas vivre et gérer n’est pas être libre. Tant que vous croyez en un “moi” qui a été blessé et qui doit se réparer, vous êtes prisonnier. La liberté n’est pas dans la guérison, elle n’est pas dans la résilience. Elle est dans l’arrêt du devenir psychologique, dans le lâcher-prise absolu du besoin de se transformer. La vie continue, indifférente, brutale parfois, magnifique toujours, et elle n’a besoin ni de psy, ni de résilience, ni de concepts pour être vécue. Lorsque l’illusion du moi s’effondre, il n’y a plus ni trauma, ni guérison, ni souffrance psychologique. Il ne reste que la vie, immédiate, concrète, qui circule à travers le corps, qui passe par les tremblements, par l’énergie relâchée, et qui reprend son cours, comme chez l’animal après la peur.

UG aurait dit : « Arrêtez de croire qu’il y a quelqu’un à réparer. Il n’y a rien. Tout le reste est mensonge, distraction et industrie. »

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