
Vous parlez de « problèmes » comme si c’était une réalité immuable, quelque chose de sérieux, quelque chose qui mérite analyse, introspection, thérapie, religion, ou illumination. Mais vos problèmes ne sont rien d’autre que le bruit de votre pensée qui ne supporte pas le simple fait d’être là, sans objectif, sans devenir, sans justification.
L’être humain ne souffre pas parce que la vie est difficile.
Il souffre parce que la pensée refuse la vie telle qu’elle est.
C’est tout.
Vous vivez dans une guerre intérieure permanente :
entre ce qui est, et ce que la pensée dit que devrait être.
Ce conflit — pas la situation, pas le monde, pas les autres — ce conflit est votre soi-disant problème.
Sans comparaison, il n’y a pas de souffrance psychologique.
Sans mémoire, il n’y a pas de passé à regretter.
Sans projection, il n’y a pas de futur à craindre.
Ce que vous appelez « problème », c’est la pensée qui se compare à une image qu’elle-même a fabriquée.
La pensée crée un manque pour se sentir utile
La pensée n’a rien à faire dans l’instant présent.
Ici, maintenant, elle n’a aucun rôle.
Votre corps respire, ressent, se régule, perçoit — sans aucune aide de votre mental.
Alors la pensée invente des choses à réparer.
Elle crée des zones à améliorer, des blessures à guérir, des objectifs à atteindre, des versions idéalisées de vous-même.
Elle dit :
« Tu n’es pas assez. Il faut devenir quelque chose. Il faut t’améliorer. Il faut chercher. Il faut comprendre. »
C’est un marché.
Un commerce intérieur.
Et vous êtes le client captif.
Le problème renforce l’identité
Ce que vous appelez « moi » n’est rien sans résistance.
Sans peur, sans lutte, sans quête, la structure du « je » s’effondre.
Donc vous avez peur de perdre vos problèmes.
Vous dites vouloir la paix, mais vous nourrissez vos conflits.
Sans eux, il ne resterait rien à défendre, rien à justifier, rien à raconter.
Le problème n’est pas quelque chose qui vous arrive.
C’est quelque chose que vous êtes.
La solution fait partie du problème
Dès que vous cherchez une solution, vous perpétuez l’idée qu’il y a quelque chose qui doit être corrigé.
Alors la pensée continue.
Le cercle se maintient.
Le mental dit :
« Je vais trouver comment arrêter ce mental. »
Voyez-vous le ridicule ?
Vous croyez qu’il y a un vous séparé de la pensée.
Mais ce « vous » n’est qu’une pensée de plus.
C’est la pensée qui veut contrôler la pensée.
Une illusion qui tente de se sauver elle-même.
Le réel n’a pas de problème
Dans la réalité immédiate — pas la réalité mentale — il n’y a aucune tension, aucune quête, aucune division.
Il y a des faits.
Vous avez faim → vous mangez.
Il pleut → vous vous abritez.
Quelqu’un vous parle → vous entendez.
La vie se déroule.
Sans drame.
Le reste est commentaire.
Ce commentaire, cette narration, cette fabrication mentale — voilà les « problèmes humains ».
Ce n’est pas à résoudre — mais à voir
UG ne dit pas : « Changez. Guérissez. Méditez. Travaillez sur vous. »
Toutes ces tentatives sont encore des mouvements de la pensée cherchant la continuité.
Il dit simplement :
Voyez ce mécanisme.
Pas demain.
Pas spirituellement.
Pas comme une méthode.
Juste ici, sans motif.
Lorsque vous voyez que le « problème » est une invention du mental — non pas intellectuellement, mais comme un fait — alors quelque chose cesse.
Pas parce que vous l’avez voulu.
Pas parce que vous êtes devenu éclairé.
Mais parce que ce jeu ne peut plus fonctionner dans la lumière de la clarté.
Alors ce que vous appelez « problème » se dissout dans la simplicité brute du vivant.
Et là — rien d’extraordinaire.
Rien de mystique.
Juste la vie, sans commentaire.
Et ça, pour la pensée, est la chose la plus terrifiante — et la seule vraie liberté.

