Le Manifeste Anti-Coaching

Il n’y a rien à développer !

1. La grande illusion du développement personnel

Le coaching vous promet la liberté, la confiance, le succès, la paix intérieure.
Mais dès que l’on vous parle d’atteindre, de transformer ou d’améliorer quelque chose en vous, vous êtes pris au piège.

Tout coaching repose sur une présupposition simple : vous n’êtes pas suffisant tel que vous êtes.
Vous êtes incomplet. Défaillant. Et quelqu’un d’autre, soi-disant plus sage, doit vous guider pour combler ce manque.

C’est cette idée, subtile, mais puissante, qui alimente toute l’industrie.

2. L’insatisfaction organisée

On vous parle de “potentiel”, de “blocages”, de “versions supérieures” de vous-même.
On vous apprend à observer vos pensées, vos émotions, votre comportement, à les contrôler, à les modifier.
Mais chaque conseil, chaque exercice repose sur le même principe : vous n’êtes pas assez.

Le coaching ne libère pas.
Il organise l’insatisfaction.
Il crée un idéal — calme, performant, aligné, épanoui — puis vous place en dessous.
Résultat : le conflit intérieur devient permanent.
Et ce conflit devient un marché.


3. Les mots qui enferment

“Travaille sur toi”
“Débloque ton potentiel”
“Deviens la meilleure version de toi-même”

Toutes ces phrases — séduisantes, rassurantes — ne font que prolonger le conditionnement.
Le coach ne révèle pas la vérité sur vous.
Il renforce l’idée que vous êtes un problème à résoudre.
Et cette croyance, qui traverse toute la société — éducation, spiritualité, psychologie — devient votre prison invisible.


4. Il n’y a personne à réparer

Il n’y a pas de “toi” séparé, parfait ou imparfait, à optimiser.
Il n’y a qu’un organisme vivant, produit de l’histoire, du langage et de la culture, fonctionnant selon ses conditionnements.
Toutes les techniques de coaching ne font qu’occuper l’esprit, le détourner de cette évidence.

Chercher à se libérer par des méthodes ou des exercices est déjà le piège.
Vous croyez vous libérer, mais vous vous enfermez dans une quête sans fin.


5. La liberté n’est pas un objectif

La liberté ne se construit pas.
Elle ne s’apprend pas.
Elle surgit seulement quand la recherche tombe, non par effort, mais par l’épuisement du conditionnement.

Le coaching a besoin que vous ne soyez jamais libre.
Sinon, il n’a plus de raison d’exister.
Il a besoin que vous soyez en quête, que vous manquiez, que vous croyiez pouvoir devenir meilleur.


6. Rien à faire, rien à atteindre

UGK ne propose pas de méthode alternative.
Pas de programme amélioré.
Pas de solution plus honnête.

Seulement un constat radical :
Tant que vous cherchez à changer ce que vous êtes, vous renforcez exactement ce que vous êtes.
Quand la recherche s’arrête — par épuisement, non par volonté — ce qui reste n’a plus besoin d’être amélioré, corrigé ou optimisé.

Rien à faire.
Rien à apprendre.
Rien à atteindre.
Rien à développer.


7. La fin de l’illusion

Le coaching est séduisant, respectueux, parfois bien intentionné.
Mais c’est une illusion.
La liberté ne se vend pas.
La liberté n’est pas un objectif.
La liberté ne peut être enseignée.

Quand il n’y a plus personne à guider, plus personne à devenir, plus rien à atteindre, il n’y a plus de conflit.
Et ce qui reste n’a plus besoin d’être coaché.

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