
As-t’on un libre arbitre ?
Chez U.G. Krishnamurti, la notion de choix est une illusion — tout comme le libre arbitre.
Il ne dit pas que nous devrions abandonner le choix, ni que nous devrions dépasser l’ego.
Il dit quelque chose de beaucoup plus dérangeant :
Il n’y a jamais eu de choix, et il n’y a personne là pour choisir.
1 — Le « choix » est un commentaire après coup
Selon U.G., ce que nous appelons choisir se produit après que le corps a déjà agi.
Le cerveau réagit, le corps répond, l’environnement déclenche — puis la pensée arrive en retard et revendique la paternité de l’acte.
Tu prends un café au lieu d’un thé.
Le corps, le système nerveux, les habitudes, les conditionnements ont déjà déterminé ce mouvement.
Ensuite, la pensée dit :
« J’ai choisi. »
Pour U.G., cette affirmation est mensongère.
2 — Le libre arbitre n’existe pas
Le libre arbitre ne sert qu’à maintenir l’illusion d’un moi séparé et contrôlant.
U.G. dirait en substance :
« Il n’y a pas de vous là pour exercer un choix. Il n’y a que la mécanique du corps et de la pensée. »
Le libre arbitre est simplement une idée culturelle, psychologique, philosophique — mais il n’a aucune réalité biologique.
3 — Le choix est un conflit
Pour U.G., le choix apparaît uniquement lorsqu’il y a division :
- ce que je veux
contre - ce que je ne veux pas
Cette division est l’ego.
Donc, le choix n’est pas un acte libre :
c’est le symptôme de la pensée fragmentée.
« Lorsque vous pensez avoir un choix, vous êtes déjà prisonnier. »
4 — Quand il n’y a plus d’ego, il n’y a plus de choix
Dans l’état dont parle U.G. — non pas une pratique, mais un effondrement — il n’y a plus de délibération, plus d’hésitation, plus de “devrais-je ?”
Les actions se font exactement comme chez un animal :
immédiates, précises, sans justification psychologique.
Pas parce que l’individu choisit d’agir ainsi.
Mais parce que la pensée cesse de s’approprier la vie.
5 — Le paradoxe final
Le mental veut :
- décider
- se libérer
- comprendre
- choisir la vérité
Mais pour U.G., c’est impossible parce que :
« Le moi qui veut se libérer est lui-même l’obstacle. »
La recherche du libre arbitre est, pour lui, une des dernières illusions spirituelles.
Résumé brutal
- Il n’y a pas de “vous”.
- Sans “vous”, il n’y a pas de choix.
- Sans choix, il n’y a pas de libre arbitre.
- La pensée invente le choix pour maintenir l’idée du “moi”.
- La vie se vit toute seule.

